Un courrier du cabinet du ministre de l’Ecologie demande aux gestionnaires de plastiques bromés des informations que le ministère détient déjà. Objectif probable de l’opération : se couvrir en cas de scandale, avant la diffusion à la télévision d’une enquête sur le sujet. Mais les faits sont têtus : le ministère a un peu trop négligé ce dossier, pendant des années.
Ce sont de curieux courriers que le ministère de l’Ecologie a envoyé en mai dernier aux acteurs de la gestion des déchets susceptibles de contenir des retardateurs de flamme bromés (RFB) : éco-organismes des DEEE et des DEA (Eco-systèmes, Ecologic, PV Cycle et Eco-mobilier), organisations professionnelles d’opérateurs de traitement (Federec), ainsi que les organisations professionnelles de constructeurs et d’équipementiers automobiles, puisque le secteur des VHU est pour l’instant dépourvu d’éco-organisme.
Signés de la directrice de cabinet de Nicolas Hulot, Michèle Pappalardo (ex-présidente de l’Ademe de 2003 à 2008), ces courriers rappellent les enjeux d’une bonne gestion des plastiques contenant des RFB ainsi que les textes applicables, et demandent aux acteurs des précisions sur la façon donc cette gestion est effectuée, son efficacité, ce qui pourrait être fait pour améliorer les choses, etc.
A première vue, pour qui ne connaît pas le dossier, ces courriers sont une bonne chose. Les pouvoirs publics s’intéressent à la gestion de ces déchets préoccupants pour la santé et l’environnement, ils demandent si des améliorations seraient possibles…
Mais pour qui connaît le dossier, c’est au mieux une opération totalement hypocrite, au pire une grossière tentative de manipulation. Explications. […]
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L’enquête complète dans Déchets Infos n° 142.