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Consigne : 90 % de collecte, pour quels impacts ?

Combien êtes-vous prêt à payer pour ne plus voir une image de ce type (tortue marine avec une paille en plastique dans le nez) ? C’est, en schématisant, sur les réponses à ce type de questions qu’a été basée en grande partie l’étude d’impact de la directive SUP. (capture d’écran de la vidéo visible sur Youtube)

La directive SUP, à l’origine des discussions sur la consigne, a fait l’objet d’une étude d’impact surprenante, privilégiant la mesure de l’émotion ou de l’impression des citoyens sur celle des impacts environnementaux réels, objectifs.

L’ensemble des objectifs fixés par la directive SUP sur les plastiques à usage unique (recyclage des bouteilles, interdiction des pailles et touillettes en plastique…) ont été déterminés en s’appuyant notamment sur une étude d’impact qui avait été confiée au cabinet britannique Eunomia. Ce dernier est notamment connu pour avoir réalisé plusieurs études pour le compte d’ONG. Il a en particulier publié une étude sur l’incinération exploitée de manière discutable par GAIA (une alliance d’ONG anti-incinération) et Zero Waste France (voir Déchets Infos n° 16). Certains tonnages avaient été comptés deux fois, aboutissant à une majoration artificielle des capacités d’incinération pour accréditer la thèse de surcapacités à venir. Et l’étude supposait que les opérateurs ont économiquement intérêt à incinérer plutôt qu’à enfouir, ce qui est faux car la rentabilité nette de l’enfouissement est très largement supérieure à celle de l’incinération.

Eunomia a réalisé une autre étude assez contestable sur les impacts respectifs en termes d’effet de serre de l’incinération et de l’enfouissement (voir Déchets Infos n° 79). L’étude concluait que l’incinération avec valorisation énergétique ne présente guère d’intérêt par rapport à l’enfouissement. Les hypothèses retenues dans l’étude d’Eunomia et la manière d’interpréter les résultats étaient très critiquables, contredisant notamment la méthode de calcul retenue par le GIEC. Des travaux antérieurs menés notamment par l’Ademe en 2006 concluaient pour leur part à un très net avantage en termes d’effet de serre de la valorisation énergétique sur l’enfouissement. […]

Eunomia est donc une référence discutable sur le plan scientifique.

Dans l’étude d’impact sur la directive SUP, qui ne porte que sur les plastiques marins, Eunomia a fait une analyse des coûts et bénéfices économiques, sociaux et environnementaux des mesures envisagées pour la directive.[…]

Egalement dans ce dossier :
Des rapports et une décision cette année
Consigne dématérialisée : smartphone obligatoire
Des objectifs de collecte difficiles à atteindre
Une directive pour raconter « de jolies histoires » avant les élections
Des coûts globaux plus élevés
50 % de bouteilles en moins : l’objectif oublié de la loi AGEC

Le dossier complet dans Déchets Infos n° 247.


 

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